Neal Black & The Healers : chronique de l’album « Number 3 Monkey » (sortie le 13 mars 2026 via Gel Productions – Pias).
Avec « Number 3 Monkey » le guitariste texan Neal Black signe un retour fidèle à ses racines tout en affirmant l’identité blues-rock qu’il cultive depuis des décennies. Enregistré entre plusieurs dates de sa tournée européenne avec son groupe The Healers, cet album capte et synthétise beaucoup d’énergie et de force brute. Il propose douze titres parmi lesquels figurent deux reprises de classiques du blues : Devil Got My Woman de Skip James et No Way to Get Along de Robert Wilkins. Cette « alternance » entre héritage et écriture personnelle donne le ton : « Number 3 Monkey » est un album de blues contemporain dynamique qui n’oublie pas ses origines !…
Il y a en permanence dans la guitare de Neal Black quelque chose de brut, de presque animal – un son épais , légèrement sale – qui cherche toujours l’intensité en plus de la perfection absolue. Sur ce nouvel album, cette philosophie se ressent dès les premières mesures : riffs solides, groove compact, solos qui surgissent comme des éclairs flamboyants… Sa voix smoky, rocailleuse, rauque, suave même, parfois un peu poussive accentue bien évidemment cette atmosphère toujours particulière et unique.
Pour autant, musicalement « Number 3 Monkey » joue sur les contrastes. Les morceaux électriques et débridés laissent exploser des solos tranchants tandis que d’autres passages se font plus intimistes, portés par la slide acoustique au dobro. Des titres comme le morceau éponyme, “Truckstop Be Bop” ou bien “Choose Your Poison” évoquent le mouvement, tandis que “Mellow Moon Melody” ou “Say Goodbye” montrent un Neal Black plus mélodique, presque contemplatif. L’album avance ainsi entre énergie rock et blues roots, sans jamais perdre sa cohérence. Ces respirations et alternances dépouillées lui donnent une vraie dynamique qui rappelle que Neal Black est autant un songwriter qu’un prodige de la guitare. L’album trouve sa force et sa substance dans cet équilibre constant et très fin entre puissance rock et tradition blues. Le musicien américain possède en effet la capacité de ralentir la cadence et d’installer des climats plus sobres, où la guitare devient narrative et où les silences comptent autant que les notes.
Avec « Number 3 Monkey », Neal Black démontre une fois de plus qu’il appartient à cette génération de musiciens pour qui le blues reste une musique habitée et sincère, qui respire et vit sans artifices.
La formation qui l’accompagne est très solide avec Mike Lattrell au piano, Denis Palatin à la batterie et Abder Benachour à la basse. Plusieurs invités enrichissent la palette sonore : l’harmoniciste Nico Wayne Toussaint et les guitaristes Janet Martin et Flo Bauer.
Cet album sonne vrai car il a été réalisé avec beaucoup d’ardeur et de vibrations. Il est particulièrement solide et remarquablement produit. C’est une très belle réussite de plus à mettre à l’actif de ce musicien très attachant !
- 18/20
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