Interview NEMO – avril 2014

Guitariste depuis 1987, Jean Pierre Louveton a fait ses classes dans divers groupes de différents styles, avant de former NEMO en 2000.

Parallèlement, quatre albums solo sous le nom « JPL » sont parus depuis 2002, offrant aux auditeurs un large panel de styles musicaux.

Influencé par des guitaristes tels que Michael Schenker, Steve Vai ou David Gilmour, Jean Pierre Louveton privilégie le jeu personnel à la technique débridée, la mélodie aux dépends d’une débauche de notes.

Il a accepté de répondre aux questions de Prog-Mania.

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– Le changement de bassiste a été un événement important pour NEMO.

Comment se passe son intégration ?

C’est vrai que Lionel était dans le groupe depuis de longues années, et trouver un remplaçant n’était pas aisé. D’abord parce que nous jouons une musique assez complexe mais aussi parce qu’on ne rentre pas dans un groupe constitué depuis aussi longtemps en claquant des doigts. Il faut que ça marche humainement, musicalement, et que le nouveau venu comprenne et accepte les codes qui se sont forcément installés au fil des années. Le fonctionnement d’un groupe est en fait assez proche de celui d’une famille ! Bref, cela fait maintenant quatre mois qu’Ollivier nous a rejoints, et nous commençons à retrouver nos marques et lui entre petit à petit dans l’univers de Nemo. Nous prenons ça comme un travail à long terme, et notre collaboration va se bonifier au fil du temps. Compte tenu de la qualité de ce qui se dégage déjà, je pense que nous ferons de grandes choses ensemble !

 – Êtes-vous prêts à jouer en Live ?

 C’était notre première priorité : remonter rapidement un répertoire pour pouvoir refaire de la scène dès que l’occasion se présenterait. Peu de temps après son arrivée, les premières dates sont tombées, ce qui nous a obligés à être efficaces tout de suite. Il n’est pas exclu qu’Ollivier ait besoin de quelques « pompes » pour les premiers concerts, mais en bon professionnel ça ne l’empêchera pas d’être complètement dans ce qu’il fait et de partager avec le public.

 – Participera-t-il à l’écriture des futurs titres ?

 Nous n’allons pas changer notre méthode d’écriture, qui fait participer tout le monde. Nous avons d’ailleurs commencé à composer ensemble, et le résultat est très probant. On peut donc s’attendre à trouver sa patte sur les prochaines compositions, bien que certains nouveaux titres aient été écrits lorsque Lionel était encore dans le groupe.

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 – Comment votre dernier album a-t-il été accueilli ?

Merveilleusement bien ! Ceux qui nous suivent l’ont énormément apprécié et les chroniques ont toutes été très positives. Nous donnons le meilleur de nous même à chaque album, en espérant que les auditeurs nous suivent dans ces nouvelles expériences. Jusqu’ici nous n’avons pas à nous plaindre, pourvu que ça dure ! Après, nous ne sortirons jamais un album dont nous ne soyons pas pleinement satisfaits. Si nous faisons la musique en laquelle nous croyons, il y a des chances pour qu’elle touche d’autres personnes que nous.

 – Celui-ci a-t-il été enregistré de la même manière que les précédents, ou bien avez-vous employé d’autres matériels et d’autres techniques ?

Nous l’avons enregistré dans le même studio que l’album précédent, « R€volu$ion ». C’est un studio professionnel tenu par un ami, Mathias Chaumet, et il possède tout ce dont peut rêver un groupe lorsqu’il enregistre : le côté pratique du numérique avec Pro-Tools et le son analogique avec du matériel de très haute qualité.

 – Comment se déroulent les phases d’enregistrement et de mixage ?

Nous enregistrons la section rythmique en conditions « Live » dans le studio, ensuite nous repartons avec les pistes afin d’enregistrer les guitares, les claviers et les voix tranquillement chez nous. Ce système permet d’économiser sur le budget studio – qui reste quand même très conséquent – et surtout nous permet d’être à l’aise et de prendre notre temps pour faire les meilleures prises possibles, sans le stress de l’heure qui tourne ! Nous opérons de la sorte depuis quelques albums déjà en ce qui concerne les instruments. Pour « Le ver dans le fruit », c’était la première fois que j’enregistrais ma voix à la maison, et je pense que la différence s’entend nettement. Je n’ai absolument aucun regret sur mes prises, même 8 mois après la sortie de l’album ! C’est donc un modus operandi que nous pérenniserons !

Nous avons aussi innové cette fois ci pour le mixage : nous voulions profiter du son du studio, mais aussi avoir le luxe de retoucher le mixage autant de fois que nous le souhaitions, pour être tout à fait satisfaits. La batterie a donc été mixée en studio, et j’ai ensuite tout amené à la maison pour y mixer l’ensemble sereinement. Là aussi le résultat est sans appel : nous avons ainsi obtenu un bien meilleur son que pour nos albums précédents.

– D’une manière générale, les différents  textes sont assez fouillés et pleins de sens : qui est en charge de leur écriture ?

Merci pour le compliment ! C’est moi qui écris les textes à 80%, et Guillaume participe à différents niveaux selon les albums. Pour ce nouvel album, le travail a été réparti ainsi : 8 pour moi, 3 pour lui. Quant à la teneur, il me semble qu’il y a suffisamment de choses négatives à dénoncer dans ce monde pour ne pas parler uniquement d’amour dans nos paroles. Chacun a envie à un moment ou un autre de crier ce qui lui déplaît dans notre société, et nous profitons de nos chansons comme d’une tribune pour donner notre sentiment. Après tout le monde n’est pas forcément d’accord avec nous, mais nous ne recherchons pas le consensus, ni forcément d’être compris. C’est une sorte d’exutoire en quelque sorte.

– Vous avez votre propre son, il suffit de mettre un album pour immédiatement reconnaître la patte NEMO…

Merci à nouveau, c’est une remarque qui me fait très plaisir. Je pense que les groupes qui durent dans le temps sont ceux qui ont leurs propres sons et personnalités. Nous n’avons jamais voulu être des suiveurs, ou nous fondre dans la masse en essayant de rentrer dans telle ou telle mouvance. Aujourd’hui la plupart des groupes sonnent de la même façon, et je trouve cela malheureux. Quand nous enregistrons, nous voulons proposer à l’auditeur quelque chose de très proche du son que nous avons en Live, en essayant de mettre en valeur les instruments plutôt que de changer leur son naturel. Nous utilisons bien entendu différents effets de studio, mais pour améliorer et non pas dénaturer. Une des raisons est, aussi, que chaque musicien composant le groupe vient d’horizons différents, et aucun de nous n’a baigné dans le prog depuis son plus jeune âge. Notre musique est progressive par le mélange de nos parcours respectifs, et non pas par tentative de mimétisme des groupes qui nous ont précédés dans le style.

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 – Guillaume Fontaine, le claviériste,  utilise parfois  certains instruments atypiques (flûte irlandaise, Gaïta) : d’où lui viennent ces talents multiples, et l’idée de les inclure dans les compositions ?

Guillaume est un génial touche à tout. Il a une formation de pianiste classique, mais sa curiosité l’a poussé à jouer dans un groupe de Rock mais aussi à s’intéresser à d’autres instruments telles la Gaïta, la flûte etc… Il joue aussi de la guitare, de la basse, de la batterie et fait du théâtre dans une troupe amateur. Pour ce qui est d’inclure ces différents instruments dans le son du groupe, c’était une évidence pour nous car nous sommes en constante recherche d’élargissement de nos champs musicaux. Ces deux instruments ont de plus une connotation celtique qui nous sied bien je trouve. Nous attendons à présent qu’il jette son dévolu sur autre chose pour essayer de nouvelles recettes !

– Quels sont vos projets immédiats et/ou à moyen terme ?

Je sors un album solo au mois de Juin, sous le nom de JPL. Le précédent a maintenant 6 ans, et depuis le dernier album de WolfSpring en 2013 j’ai composé assez de matière pour proposer un album de … Rock Progressif. Cette fois j’ai voulu prendre en charge moi-même la totalité de la conception du disque, de l’écriture au mastering. Je suis assez fier du résultat et je pense que la musique qu’il contient pourra plaire aux fans de Nemo, de WolfSpring et de mes précédents albums personnels. Concernant Nemo, nous allons faire quelques concerts, le plus possible, et s’atteler à composer de la musique ensemble !

– De nouvelles compositions sont-elles en cours d’écriture ?

Nous avions attaqué 3 nouveaux titres avec Lionel, qu’il nous faut maintenant reprendre avec Ollivier, et un quatrième a été écrit avec lui. Pour le moment nous sommes trop occupés à travailler le répertoire pour la scène pour penser à ça suffisamment sérieusement. Nous nous y mettrons sans aucun doute très bientôt !

– Le fait de passer par un distributeur a-t-il permis de doper les ventes, et d’élargir votre audience?

Clairement à ce stade, non. Les ventes sont les mêmes, il semble que nous ayons atteint depuis quelques années une sorte de palier qu’il nous faut maintenant essayer de dépasser, c’était d’ailleurs un des buts de signer avec Progressive Promotion Records. Je ne remets évidemment pas le travail du label en question, il est malheureusement de plus en plus dur de vendre des disques. Heureusement ceux qui nous suivent sont fidèles et nous ne désespérons pas d’élargir notre public au fil du temps. Il nous faut trouver comment !

 – En France, le parcours à faire pour sortir un disque, trouver un distributeur, des concerts, des salles, etc. n’est –il pas un peu compliqué pour un groupe de Musique Progressive ?

Compliqué, c’est un euphémisme. Et le problème est que ce n’est pas qu’en France ! Nous avons cependant ici un handicap supplémentaire : la musique rock n’est pas dans notre culture. En Allemagne ou dans les pays du nord c’est un peu différent, même si ça reste très dur de part le nombre de groupes existants et la musique gratuite sur internet. De toute façon la passion nous habite et nous n’avons pas comme but ultime de devenir riches et célèbres grâce à notre musique. Cependant quelques bonnes nouvelles de temps en temps ne feraient pas de mal au moral !

POCHETTE NEMO barbares

www.nemo-world.com

NEMO en concert :

– le 10 mai 2014 : Chadrac (43)

– le 11 mai 2014 : l’Exil – Zurich (Suisse)

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Un commentaire

  1. Excellente interview! La nouvelle mouture de prog-mania démarre très bien.

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