Laura Cox Band : chronique album ‘Hard Blues Shot’

Laura Cox Band : chronique album ‘Hard Blues Shot’ (2017)

OK, dès la pochette on a compris qui est le capitaine à bord, Miss Cox ! Et ça se confirme avec le premier titre éponyme, un brûlot hard magnifiquement introduit par un solo de votre part, solo que ne renierait sûrement pas ce bon vieil Angus Young ! Comme il est dit de manière humoristique dans la biographie de ce jeune groupe, il nous est proposé une « musique de vieux rockeurs alcooliques jouée par des jeunes Français en pleine forme » ! De la country, du blues, du southern rock ou du hard rock, voilà ce qu’ils aiment mélanger en fonction de leurs envies. » Et de définir ce melting pot de « Southern Hard Blues ». Je suis d’accord en partie à l’écoute de cet opus, car je n’entends pas la moindre note de blues ici. Même si certains soli sont bien dans l’esprit.  Mais bon cet éclectisme assumé est plutôt une belle réussite car on a quand même une belle homogénéité dans le discours musical. Un beau son, même si on connait déjà (oui la Gibson SG ça ne sonne pas autrement!), bien travaillé, peut-être un peu polissé dans l’enregistrement. D’ailleurs le groupe pense à un enregistrement plus ‘live » pour le prochain opus. Donc beaucoup de hard rock, sudiste ou pas (on n’a pas les voix grasses et rocailleuses de Lynyrd Skynyrd tout de même !) avec quelques intermèdes plus country rock (« Barefoot in the countryside » avec son beau banjo et sa mandoline), et une belle balade quasiment toute acoustique pour clôturer l’album. Incontestablement, sur ces sentiers archi battus depuis plusieurs décennies, il y a ici de l’inspiration. Un morceau sort du lot même, « Good old days », avec son excellente progression et son magnifique solo qui prend là le temps de se développer. Matthieu Albiac est aussi un excellent guitariste, et le couple batterie/basse fait bien plus qu’assurer. Une grande dynamique, un plaisir à jouer ensemble qui s’entend. Laura Cox a une très belle voix, peu agressive, pas du tout braillarde (assurément pas taillée pour le blues et les excès qu’il exige pour un chanteur, ceci explique t’il cela ?…). Toujours juste, un très beau timbre, même en français à la fin.
Alors aurais-je souhaité un peu plus d’audace dans les soli, des morceaux un peu plus développés ? Mais ne crachons pas dans la soupe: ce premier disque mûrement réfléchi, éprouvé sur scène est une réussite dans le genre. Laura Cox et sa bande font une belle entrée dans un domaine qui commence à être concurrentiel de part et d’autre de l’Atlantique: à savoir un groupe de blues-rock avec une voix féminine (Joanne Shaw Taylor, Tedeschi Trucks Band, Blues Pills, Jane Lee Hooker, Anna Popovic… sans compter les plus anciennes qui n’ont peut-être pas dit leur dernier mot comme Beth Hart ou Imelda May). Alors souhaitons leur longue route dans notre pays, mais aussi au-delà: cette jeunesse rockeuse fait plaisir!
16/20 – Chronique rédigée par Topprog

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