IQ : chronique album « Resistance »

IQ : chronique album « Resistance » (2019)

Évidemment pas la moindre objectivité dans cette chronique, vous êtes prévenus ! IQ fait partie des groupes de prog qui ne m’ont jamais déçu au fil des années et de mon top 5 dans le genre. Alors, tout est dit ? Inutile de faire une analyse morceau par morceau (il y en a trop !) ni même de comparer au précédent « The Road of Bones » qui a obtenu un grand succès d’estime.

IQ est un groupe rare dans plusieurs sens du terme : peu de disques en presque 40 ans d’existence, un tous les 5 ans environ, rare sur les scènes françaises, et un style très affirmé.

Le combo anglais nous gâte encore avec 2 CDs, presque 2 heures de musique. Contrairement au précédent opus le second disque est très riche, très homogène avec 2 morceaux de 20 minutes… 2 « Supper’s ready » ou 2 « Harvest of Souls » sur le même cd, il faut oser…

Alors quoi de neuf ? Dans la forme, des morceaux longs, des morceaux plus courts (près de 4mns pour le plus court) qui parfois s’enchaînent. Une alternance de passages calmes et plus violents. Dans le fond on est bien abreuvé de rythmes impairs implacables qui sont le fonds de commerce du groupe, de synthés, de mellotron et orgues dantesques, de soli de guitares stratosphériques ( bien que le premier n’arrive qu’au 4éme morceau), et la voix de Peter Nicholls, puissante, aérienne. Seul nouveau son, le doudouk en intro de « Alampandria » ! IQ fait du IQ, on ne s’en plaindra pas !

Mais qu’est ce qui fait cette bizarre alchimie qui nous annonce qu’on rentre dans quelque chose d’immense dès le décollage du « Missile » ? Ce rythme à la limite du Heavy Metal, cette violence sournoise, un son puissant (leurs disques sont toujours très bien enregistrés avec une clarté sur chaque instrument à la manière des orchestres symphoniques et laissant une place de choix à la partie rythmique toujours très lisible). La voix de Nicholls qui se pose là, naturellement, avec ce timbre particulier, une voix singulière comme ce fut le cas pour Gabriel, Anderson ou Fish. L’homme nous raconte ses histoires, en chant, en lyrisme, des choses graves, sans pathos, sans le sempiternel couplet/refrain. Il nous conte ses histoires, en montant en puissance puis en relâchement pour nous murmurer, mais sans jamais lâcher l’auditeur… Simplement un chanteur à son apogée (comparez à “The Wake”).

Puis incontestablement on a cette force frappe de la partie rythmique. Paul Cook revenu, batteur d’une classe exceptionnelle qui démontre si il en est qu’il n’est nullement besoin de porter un bandana, un débardeur, d’avoir les bras couverts de tatouages et les épaules de Rambo pour être un grand drummer. Frappe précise, inspiration riche et cohérence absolue avec la basse tellurique de Tim Esau (cf.  « Perfect space » pour vous régaler d’une partie rythmique qui est largement comparable aux meilleurs duos historiques du genre, Collins/Rutherford, White/Squire ou encore Bruford/Wetton). Pas de Prog sans claviers évidemment, et l’arrivée de Neil Durand à la place de l’immense Martin Offord est finalement assez bénéfique. L’homme ne fait pas non plus dans la démonstration soliste mais ses claviers sont absolument magnifiques (ah, l’orgue final de « Shallow bay » qui nous sort de la torpeur tranquille de la batterie électronique et de l’envoutement du chant, et la partie piano de « Fallout » digne de l’intro de « Firth of Fifth »). Michael Holmes, à mon avis le plus « Hackettien » des guitaristes de Prog nous nourrit de ses accords saturés implacables mais pas assommants et de ses soli aériens (la fausse fin de « Fallout » digne du final de « Supper’s ready »). Je compare beaucoup à Genesis ? Encore : prenons le démarrage orchestral de « For Another Lifetime » qui évoque fortement « Fly on a Windshield »… Lorsque j’ai écouté pour la première fois ce groupe je me suis dit que cela aurait pu être une évolution du Genesis des seventies que j’aimais si seulement… Bref !

L’alchimie, c’est donc des musiciens hors normes, un son immédiatement identifiable, des repères historiques avec une touche sonore moderne, et des compositions qui attisent sans cesse l’intérêt de l’auditeur. Tout est très fluide mais cependant on n’entre pas dans un disque de IQ avec facilité. Il faut des dizaines d’écoutes pour en tirer la « substantifique moelle ». Ce dernier opus est particulièrement riche et difficile à s’approprier. Il y a des moments  dérangeants comme ce son de clavier dis-harmonieux au début de « For another lifetime ». Mais que c’est beau ! IQ porte le Rock Progressif à son plus haut niveau de réalisation : Immense !

  • Album recommandé par Prog-Mania

Chronique rédigée par Topprog

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