RAIN : chronique album « Singularity »

RAIN : chronique album « Singularity » – GEP (2020)

Le commentaire qu’a fait Jon Jowitt à l’occasion de la sortie prochaine de l’album de RAIN, « Sigularity »,  est particulièrement éclairant sur l’esprit créatif et l’environnement dudit album : « Cela fait environ dix ans que je joue avec Andy, à la fois dans IQ et Frost*. C’est une section rythmique vraiment instinctive. Avec RAIN, Andy a eu la chance de montrer quel musicien polyvalent il est. Rob et Mirron sont tous deux des musiciens incroyables, auteurs-compositeurs et chanteurs, et c’est juste une excellente combinaison. Je suis vraiment content que nos vieux amis de GEP ont montré leur confiance dans le groupe – c’est l’un de ces albums que j’aurais acheté si je n’avais pas été dessus. C’est prog, Jim, mais pas comme nous le connaissons. »

Il est peut être utile de rappeler que Jon Jowitt est un musicien et un bassiste incontournable du Rock Progressif britannique. Il a joué dans de nombreux groupes parmi lequels IQ, Frost*, ARENA, JADIS… Son expérience est redoutable d’efficacité. Lorsqu’il dit que l’album de RAIN est « prog, mais pas comme nous le connaissons », il a réussi à synthétiser en quelques mots la tonalité de ce très bel album !

Nous ne nous trouvons pas en présence de Prog symphonique ni d’une réminiscence du Prog « originel ». Il est toujours ardu de décortiquer ce type de musique qui est l’antithèse du rock binaire, et qui très régulièrement change de direction au fil des mesures. Seule une écoute attentive permet d’en découvrir toutes les subtilités.

L’album débute en douceur avec « Devils Will Reign » (7.23), et un chant très légèrement pop et chaloupé, avant l’arrivée d’une basse dominante et très présente en seconde partie, ainsi que d’un très beau solo de guitare acoustique « hispanisant ». Le second titre « Dandelion » (7.22), après une introduction très sobre de claviers, s’oriente vers de la  prog très moderne, avec des arrangements très rythmés et rapides, une guitare électrique très audible tout au long du titre, et une ligne de basse à nouveau hyper efficace qui drive le dynamisme du tempo.

Le titre qui suit « Walkeway » est le plus long de l’album (13.15). C’est une véritable pépite multifacettes !… Il est formé d’environ 6 phases totalement distinctes les unes des autres qui s’enchainent à merveille. Il débute par une mélodie réalisée par des harmoniques de guitare acoustique, rapidement étoffées par du piano, avant de s’orienter vers un passage de prog plus conventionnelle, puis un retour aux harmoniques + chant + solo de guitare, suivie d’une montée en puissance très punchy. La basse et sa puissance rythmique prend ensuite le relais, avant que le morceau ne se termine avec un gros riff au son très 70’, suivi d’un superbe solo de guitare.

Le 4ème titre, « Magician » (12.08), débute par des arpèges de guitare acoustique avant de prendre de l’ampleur, de devenir à la fois un peu groovy  et progressif : un très beau morceau !  

L’album se conclue avec « Singularity » (9.11), dont l’atmosphère et la structure sont très particulières, singulières par rapport au reste de l’album !… Ce titre est tout en subtilité, avec des bruitages et des voix diverses au début. Il est planant, électronique, un peu étrange, inédit, créatif, il bouscule un peu nos certitudes…

RAIN tient toutes ses promesses avec cet album. Effectivement, nous ne sommes pas en présence d’un album de Rock Progressif « comme les autres » !… Les musiciens se sont visiblement attachés à prendre des chemins transverses pour composer et arranger leurs titres. Le résultat est à la hauteur de leurs talents.  Un opus particulièrement réussi qui donne envie d’écouter rapidement une suite !   17/20

Musiciens : Rob Groucutt (chants, claviers, guitare), Andy Edwards (batterie), John Jowitt (chants, basse), Mirron (chants, guitare).

https://www.facebook.com/RAINprogband

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