DENEZ (PRIGENT) : chronique album Mil Hent – Mille Chemins

DENEZ (PRIGENT) : chronique album Mil Hent – Mille Chemins (2018)

C’est en cherchant à la fois des disques où œuvrait la fabuleuse chanteuse de “Dead Can Dance” Lisa Gerrard, et des  disques de musiques bretonnes ”techno world” genre Afro Celt Sound System que je suis tombé sur Denez Prigent il y a déjà quelques années, en l’an 2000. ”Irvi”… et dès le premier morceau en duo avec la chanteuse, cette voix m’a absolument scotché ! Après 2 autres disques et une absence de 12 ans (voyages, drame personnel) l’homme est revenu en 2015 sous le simple nom de Denez avec un disque magique, tout acoustique cette fois “An enchanting garden”.  Cf. chronique ICI suivi d’un DVD/CD live ”In unison with the stars” reprenant la majorité des morceaux du dernier opus.

En 2018 Denez revient avec “Mil hent” (Mille chemins) pour notre plus grand bonheur. Il retrouve ses chers claviers et samples et garde en même temps un côté très acoustique, ainsi présenté : «Une sorte de synthèse de tous les chemins que j’ai pu emprunter jusqu’à présent… et aussi quelque part un  aboutissement».

Toujours aucune faute de goût dans ce nouvel opus qui se rapproche plus du disque précédent “An enchanting garden”. Tout est à peu près dit dans la présentation qui en a été faite idans notre chronique.

La voix de Denez toujours envoutante se laisse déguster presque “a capella” sur des morceaux dépouillés, incantatoires ou doux  comme “March’eon” ou Hent Noaz. Les instruments qui font le son de la musique celtes sont bien présents bien sûr : biniou koz, bombarde, harpe celtique, flüte, Uillean pipe, accordéon…. Et évidemment le retour des synthés avec un “must” : “Ar Marv Gwernn” dont l’évolution vers une transe techno sur fond de big pipe est absolument sublime. Un “fest noz” tendance rave party dans les Monts d’Arrhée ! Chaque morceau est très différencié et le côté “world” est aussi présent avec le violon tzigane  de “Al Labous Marzhus” et le chant arabo andalou agrémenté de Oud qui clôt merveilleusement le disque (“Nij An Erer”). Bien évidemment le chant est dans cette langue rugueuse qu’est le breton (“aussi vilain que tibétain” chantait Alan Stivell !). Mais après nous avoir fait un titre en anglais sur le précédent opus, il chante ici pour la première fois un morceau en français, “Dans la rivière courante”. A la façon dont les bretons chantent le français, un peu désuet en roulant les “r” mais très charmant, comme j’avais pu le remarquer avec la chanteuse trilingue Elsa Corre dans “Tan Dei” une belle œuvre du bagad Cap Caval. Une sale histoire de nos anciennes campagnes…..

Voilà encore un remarquable disque d’un artiste, d’un homme qui sait émouvoir même si on ne comprend rien à ce qu’il chante. Et il faut noter que ce “renouveau” de la musique celte qui dure quand même depuis plus de 20 ans ne semble pas faiblir. J’ai pu le constater au festival Interceltique de Lorient en 2017 avec les concours de bagad qui réinventent sans cesse un répertoire qui aurait pu sembler figé dans la tradition. Mais aussi avec des groupes de rock comme Celtkilts, les Ramoneurs de Menhirs ou encore Epsylon et tant d’autres. Une relève assurée en sachant que les plus anciens comme Alan Stivell ou Tri Yannn n’ont pas encore lâché l’affaire. Denez, avec cette absolue modernité bien ancrée dans une tradition riche, témoigne de cette musique celtique qui, après avoir su se moderniser, tend vers l’universel, comme le flamenco dans les années 80′.

  • Chronique rédigée par Topprog

https://www.denez.fr/

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